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Cérémonie du 76ème anniversaire de la Libération de Givors – retour en vidéos

Publié le : 07/09/2020
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Ceremonie de Libération de Givors 5 septembre 2020

De nombreux Givordines et Givordins ont participé à la cérémonie du 76ème anniversaire de la Libération de Givors, samedi 5 septembre 2020.

Au programme : dépôt de gerbe au Monument aux Morts, cérémonie officielle devant la Crypte du Souvenir et tournée des maquis.

Retour sur cette journée en vidéos avec

  • le discours du maire de Givors, Mohamed Boudjellaba
  • un retour sur la cérémonie et la journée commémoratives,
  • et l’interview de Marie-Jo Ablondi, représentante de l’ANACR de Givors et présidente du Musée de la Résistance et de la Déportation, sur les traces des maquis givordins.

 

 

 

Discours écrit du maire de Givors, Mohamed Boudjellaba :

Monsieur le Député,

Monsieur le Capitaine chef du centre d’incendie et de secours de Givors,

Monsieur le Président de l’UFAC et de la FNACA,

Monsieur le Représentant de la FNDIRP,

Madame la Présidente du Musée de la Résistance, et reprsentante del’ANACR,

Chères givordines, chers givordins, chers amis,

Je commencerai, si vous le voulez bien, par une citation : celle d’un grand historien, également grand résistant, qui fut arrêté, torturé et exécuté par la Gestapo le 16 juin 1944, peu avant la Libération. Ce résistant et historien est Marc Bloch. Voici les quelques mots que je souhaite utiliser pour ouvrir ce discours :

« Le problème de la légitimité de l’histoire surgit régulièrement, de façon particulièrement puissante, dans les époques troublées qui poussent l’humanité à s’interroger sur elle-même, à scruter les moyens qu’elle peut posséder pour percer les brumes de son avenir. »

À mes yeux, ces mots sont importants, car ils éclairent le sens de la cérémonie pour laquelle nous sommes réunis aujourd’hui devant la crypte du souvenir, celle du 76ème anniversaire de la Libération de Givors. Loin d’être sans utilité, la mémoire que de telle commémoration permet de faire vivre est nécessaire, d’abord pour honorer celles et ceux qui sont se sont battus pour nous, mais aussi pour mieux comprendre qui nous sommes, d’où nous venons, et ainsi agir de manière éclairée pour mieux construire ensemble le monde de demain.

Le 25 juin 1940, après plusieurs mois de combats, après un bombardement violent qui toucha notre ville le 1er juin et tua 46 personnes, le drapeau tricolore est en berne sur les édifices publics de Givors. La France a perdu la guerre et se trouve largement occupée par le régime nazi. Peu de temps après, à Givors, le Conseil municipal est dissout, et Givors devient une délégation spéciale. Celui qui fait office de maire n’est alors plus élu mais nommé. A partir de novembre 1942, les locaux du groupe scolaire de la Freydière sont mis à la disposition des Allemands.

La période qui s’ouvre jusqu’en 1945 est sombre pour notre ville et pour notre pays : racisme, antisémitisme, haine de la différence ont justifié la pire barbarie, celle de l’holocauste, et celle des déportations. Plusieurs millions de personnes ont été assassinées par un système organisé par l’Etat nazi et soutenu par l’Etat Français, en raison de leurs convictions politiques, de leurs origines ou de leur orientation sexuelle. Ces atrocités n’étaient pas lointaines : elles se déroulaient par exemple dans la prison Montluc, à Lyon où, sous l’autorité du régime de Vichy puis du régime nazi, des milliers de personnes ont été enfermées dans des conditions inhumaines. Marc Bloch, y a transité, de même que Jean Moulin, lui qui a tant œuvré pour l’unification des mouvements de la Résistance.

La crypte du souvenir où nous sommes aujourd’hui doit nous aider à ne pas oublier l’horreur de cette période. La terre ramenée du camp de concentration de Flossenburg est là pour que nous n’oubliions pas les 96 000 personnes qui y ont été internées et les 30 000 qui y sont mortes.

Mais cette crypte doit nous aider à nous rappeler l’autre face de cette histoire, celle de la Résistance, celle de l’espoir, celle qui a vu l’alliance de forces diverses triompher de la barbarie en 1944-1945. Car la terre du camp de Flossenburg, c’est celle qui a vu mourir en 1945 un résistant givordin important, à savoir Joseph Liauthaud. Arrêté en 1942 avec toute sa famille puis relâché, il est de nouveau pris par les nazis en 1943, conduit dans ce camp où il trouvera la mort. Ses actions ont contribué à la Libération de notre ville.

À Givors, la Résistance, active dès la défaite, s’organise à partir de novembre 1942, par des réunions clandestines qui ont lieu dans un magasin de cycles, derrière la rue Ligonnet. En plus des actions menées par ces résistants, par Paul Vallon, par Marius Jeanpierre, par Camille Vallin, par Joseph Liauthaud, des givordins s’engagent pour accueillir et protéger des Juifs. Je pense ici à Camille et Jeanne Bernasconi, ces Justes qui sauvèrent Eli Bénaroya. Je pense aussi à celles et ceux qui se sont sacrifiés pour soigner les autres, et notamment Jeannot Rosa et Roger Barge, secouristes de la Croix Rouge qui, à 17 et 19 ans, ont été tué à Givors par les allemands.

La Libération de Givors est facilitée par la Résistance, par ces personnes que j’ai souhaité citer car elles sont fondatrices de l’histoire de notre ville, car elles ont pris leur responsabilité et fait leur devoir Républicain, et nous savons toutes et tous ce que nous leur devons.

Pour autant, malgré l’engagement et le courage des résistants, la Libération n’est cependant rendue véritablement possible que par le débarquement en Provence, à la mi-août 1944, des forces commandées notamment par le Maréchal de Lattre de Tassigny. Elles rassemblent des combattants du monde entier, originaires des Etats-Unis et du Royaume-Uni, mais aussi du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, de toute l’Afrique subsaharienne, et parfois des Antilles et de Polynésie. Cette diversité n’empêche aucunement l’union de ces soldats, engagés pour une certaine idée de l’humanité, pour la liberté et pour la justice. Les combats sont violents, mais les nazis battent en retraite.

Annoncée une première fois le 25 août 1944, la Libération est finalement plus tardive, repoussée par le reflux des dernières forces allemandes. Elle est définitivement acquise, après de nouveaux affrontements meurtriers, dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944.

Pourquoi avoir rappelé cette histoire un peu longuement ? Parce qu’elle est fondatrice de notre France républicaine, solidaire et démocratique. Mais aussi, et je reviens ici à la citation inaugurale de Marc Bloch : parce qu’elle peut nous aider à mieux comprendre notre présent et à percer les brumes de notre avenir.

Dans un témoignage disponible sur le site du Musée de la Résistance et de la Déportation de Givors, que préside Marie-Jo Ablondi, ici présente et que je salue, Paul Vallon, figure givordine de la résistance, nous dit : « il y a une grande bataille à mener actuellement, c’est la bataille pour le retour de la citoyenneté ».

Cette bataille me semble cruciale, au moment où les actes haineux, racistes et antisémites se multiplient. Pensons aux incendies dans des mosquées lyonnaises, aux tags négationnistes à Oradour-sur-Glane, ou aux inscriptions anti-chrétiennes découvertes récemment sur une librairie lyonnaise. Cette haine existe, je peux moi-même en témoigner pour l’avoir subie récemment, en étant le destinataire de plusieurs lettres d’insultes racistes et de menaces de mort.

Ces actes montrent l’actualité du combat mené il y a 76 ans par la Résistance et par les forces alliées. Pour poursuivre ce combat, il nous faut puiser dans les parcours de nos résistants et dans leur engagement pour que toutes et tous participent sur un pied d’égalité à la vie de la cité. C’est ainsi que la cérémonie d’aujourd’hui doit nous rappeler que, face à la haine, seuls le dialogue et l’alliance de toutes et tous sont efficaces pour triompher des intolérances et pour faire vivre les valeurs fondatrices de notre République : liberté, égalité, fraternité.

L’histoire de la Libération de notre ville trace un chemin, nécessairement collectif, dépassant obligatoirement les différences, pour construire notre avenir et faire de Givors une ville fraternelle. Je m’emploierai, avec toute mon équipe, à le suivre.

 

Sur les traces des maquis Givordins

Retour sur la vidéo, Marie-Jo Ablondi, représentante de l’ANACR de Givors et présidente du Musée de la Résistance et de la Déportation, nous explique et décrypte l’histoire des maquis givordins.

Stèle Renée Peillon

Fin août 44, des convois allemands remontent du sud par la nationale 86. Sur leur route, des embuscades sont tendues par les Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I)

Le 28 août 1944 la colonne est prise à parti par un fusil mitrailleur avant Loire. Un camion de munitions touché explose et les soldats allemands sont la cible d’une escadrille alliée venue en aide aux F.F.I . Renée Peillon, une jeune institutrice de la Loire, résistante en mission d’observation est grièvement blessée par balles.

Le maquis du Grizard

Fin août, le maquis de St André reçoit l’ordre de rejoindre la ferme du Grizard vers St Romain en Gal , appelé camp Longarini en hommage à Joseph Longarini, résistant des cendu par des agents de la gestapo, place Puvis ce Chavanne à Lyon. C’est ici que s’est installée la 1ère Compagnie F.F.I 141

Le maquis de St André la Côte

7 juin 1944, la Gestapo descendue à Givors recherchait des résistants. Pour fuir la menace, quelques résistants givordins décident de trouver un abri. Ils s’installent à St André-la-Côte, à la ferme du Larvin. Jean Vinson et Albert Umano installent un maquis avec l’aide de jeunes résistants venant des maquis de l’Ain comme Victor  Casas et son ami Jacinthe Freire .

Saint- André était un village où circulaient pas mal de maquisards. Un groupe FTP-MOI y a séjourné, arrivant du maquis de la croix du Ban qui avait subi plusieurs attaques des miliciens. La milice patriotique de Millery s’y réfugiait aussi. Le village était connu de Francis André (dit Gueule Tordue, au service de la Gestapo de Lyon) qui traquait les résistants.

La stèle de Montrond

Les noms cités vivaient tous dans ce quartier. Parmi eux :

  • de jeunes résistants déportés politiques morts en déportation comme Jean Bousquainaud (âgé de 18ans à Leitzmeritz,) ou Anthelme VINSON  mort à Bremen Fargue,
  • des résistants morts en combattant l’ennemi comme Francis Gomez en Ardèche,
  • de jeunes civils comme Jo Rosa 17 ans brancardier à la Croix- Rouge mitraillé par un convoi allemand à Givors le 23 août 1944 après le bombardement.

 

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