À l’occasion des 20 ans des Rendez-vous de la ville, Christian Réale, adjoint chargé de la politique de la ville et de la démocratie locale, nous dresse un bilan positif de ces rencontres citoyennes.
Quelle est l’origine de ces rendez-vous de quartier ?
Depuis près de 20 ans, je participe à ces réunions de quartier en tant qu’animateur et référent de quartier et progressivement mes fonctions ont évolué vers la démocratie participative. Durant tout ce temps, le sens de ces rencontres est resté identique : une volonté d’échange et de concertation entre habitants et élus en fonction des spécificités de chaque quartier. Je précise qu’à l’époque ce n’était pas une obligation législative de tenir des conseils de quartier, mais une volonté de la municipalité.
Depuis 20 ans, les Rendez-vous de la ville ne semblent pas s’essouffler. Quelles sont les clés du succès de ces rencontres?
Le succès réside dans l’échange, la concertation et la confrontation des points de vue de tous les participants. Nous sommes dans un partage collectif et pas dans une démarche revendicatrice. Les habitants et la ville se mobilisent ensemble afin de porter un projet, c’est ce qui fait que ces comités de quartier s’inscrivent dans la longueur et la ténacité, car certaines réalisations nécessitent plusieurs années. Par ailleurs, l’implication commune de tous les Givordins constitue une force en terme de motivation et d’argumentation auprès de l’ensemble de nos partenaires et autres collectivités territoriales. La première évaluation du succès est portée par les habitants qui prennent la parole pour dire qu’ils sont contents de la réponse apportée à leurs demandes ou lorsqu’une question posée par un riverain obtient sa réponse par un autre habitant du quartier, c’est l’essence même de la démocratie participative car, quel que soit notre niveau de responsabilité, nous sommes tous dans le même bateau.
Quelles évolutions ont été opérées lors de ces rencontres ?
Le fond n’a pas bougé et les quelques évolutions concernent principalement le changement des périmètres et la création d’entités quartier un peu plus conséquentes en fonction des lieux de vie et les services publics. Les moyens de communication ont également évolué, car aujourd’hui nous avons à disposition les supports dématérialisés via la toile. Néanmoins nous restons sur la volonté d’être dans l’échange en direct dans le cadre de réunions thématiques, de comités de quartier ou en allant au contact des habitants dans leur quartier afin de diversifier les formes de concertation et les rendre plus opérantes.
Comment envisagez-vous l’avenir de ces rendez-vous citoyens ?
Pour ce 20ème anniversaire nous allons présenter notre bilan mi-mandat qui est extrêmement riche et nous allons travailler sur une charte de la participation, c’est-à-dire un petit guide pratique définissant toutes les étapes de l’échange avec les habitants. Autre fait important : la municipalité n’a pas souhaité institutionnaliser les réunions de quartier, car vient qui veut et la fonction d’habitant ressource est basée sur le volontariat. Nous constatons que la participation ne faiblit pas. Nous envisageons également de consulter les établissements scolaires et de solliciter des seniors, car le lien social doit être aussi intergénérationnel.
Nous continuerons à faire un retour aux participants de leur implication aux rendez-vous de la ville par l’envoi d’un compte-rendu de la réunion, sans oublier les autres supports de communication mis en place tout au long de l’année.